Il apparaît assez clairement que mes années les plus "joyeuses et insouciantes" (sic) se sont essentiellement déroulées dans les couloirs de l'Institut Claudius Regaud (pour les nouveaux Toulousains : vous voyez la place St Pierre, lieu de fête et de pastis ô maître ? Bin à l'autre bout du pont St Pierre, y'a un immeuble un chouïa moins festif, qui abritait ce qui depuis a déménagé/a été renommé "Cancéropole").

Mais quand tout s'est arrêté, brusquement (mais sur ce point, j'estime très sérieusement que nous avons eu beaucoup de chance (je pèse mes mots : 6 jours à savoir que les carottes sont cuites, avant qu'elles ne le soient vraiment, puis 3 jours de plus pour que ce soit officiel, c'était déjà bieeeen assez long...), je n'ai pas perdu que ma moitié, celui avec qui on semblait si différents et qui était pourtant la personne avec qui je me suis le mieux entendue de toute ma vie, au delà des engueulades. Qui souvent me comprenait sans que j'aie besoin de finir mes phrases, et réciproquement.

Ce moment, ça a été aussi un bouleversement total autour de moi : je quittais le cocon d'un "établissement de formation" (restons vague) particulièrement humain et bienveillant, pour en rejoindre un autre... Euh, d'une ambiance différente. Autant j'avais été soutenue, encouragée pendant la rechute de Cédric, autant là personne, absolument personne n'a jugé utile de répondre à mes demandes de bouquins, url ou autre support qui m'aurait permis d'obliger mon cerveau tourmenté à gober quand même qques informations utiles à mes études, malgré tout le temps et l'énergie qu'il passait à broyer du noir. (Si vous croyez déceler comme un soupçon de rancœur entre ces dernières lignes, ce n'est pas une impression.).

Et puis changement d'établissement dit changement d'élèves. Avec la rentrée 3 semaines après l'enterrement, difficile de présenter un visage avenant à ses nouveaux camarades. Qui pour la plupart avaient tout juste 20 ans : salut, moi c'est Pauline, 25 ans et je suis veuve #ambiance #lespauvres

Ensuite... C'est pas de bol. Mes plus proches amis/soutiens (je parle hors amis directs/famille de Cédric, puisque eux-même n'étaient évidemment pas au mieux non plus) sont JUSTEMENT partis loin de Toulouse. Mais VRAIMENT loin. Rouen, Belgique, Inde. Je n'oublierai jamais qu'elle a CARRÉMENT RETARDÉ son départ en Inde POUR MOI. Mais il fallait bien qu'elle reprenne le cours de sa vie aussi. 

Alors, je crois que c'est un peu pour ça que j'ai un vrai problème avec les départs, les séparations : ça a fait un peu beaucoup, d'un coup.

Bien sûr, je vous mentirais si je disais que je sèche tous les pots de départ pour cette raison  : y'a des gens que je ne connais pas bien, d'autres euh que j'apprécie pas forcément et puis il y a le problème que c'est le plus souvent à l'heure d'aller récupérer Bicounet. Mais oui, il m'est arrivé plus d'une fois de ne PAS aller dire au revoir à un collègue que pourtant (ou plutôt : justement...) j'appréciais, d'élaborer toute une stratégie pour esquiver ce moment, juste parce que je ne POUVAIS PAS. Je ne saurais pas trop dire quels pourcentages de tristesse, d'angoisse et de rancœur (inappropriée, je sais, mais on ne se contrôle pas toujours) dans tout ça, mais les faits sont là.

Et pour dire que le problème peut aller loin : qui souhaiterait absolument garder contact avec un ex qui "n'a pas été très classe" (euphémisme)(ah si, excuse moi, mais quand même), qui s'est barré avec une autre, a changé de ville et tout ? Et maintenir ce lien 10 ans après, alors qu'on est mariée/un enfant ? 

Bin... Paulinou.