Je n’y ai jamais vraiment cru : y’avait pas grand chose qui se passait bien avant toi, donc je voyais pas bien comment ça pourrait bien se passer après. Il y a eu des hauts, beaucoup de (très) bas, mais 16 ans plus tard, je suis bien obligée de constater qu’effectivement, tous ces efforts pour te survivre, ce chemin de croix, cette torture quotidienne… ça valait pas le coup. D’ailleurs, 16 ans après, j’ai un mari, un enfant, une maison, un travail… et ENCORE PLUS d’EffeXor qu’à l’époque - c’est dire l’ampleur de la réussite…!


Parlons travail. Je fais mes trucs, rien d’extraordinaire, mais surtout,  je suis un carré qui doit rentrer dans un trou rond (“petit carré est différent” - Quatre petits coins de rien du tout)(tiens, au fait, on t’a pas dit mais en fait, toi aussi #scoop). C’est déjà pas mal de savoir qu’on est un carré parmi 98% de ronds. Mais ça ne dit pas comment survivre là dedans ! Surtout que j’ai beau maintenant comprendre l’origine du problème, je le supporte de moins en moins au fil des années… et je ne vois pas de plan B. Quand bien même, il y en aurait un, je suis trop usée pour envisager de m’y embarquer.


Ensuite, Il parait que c’est normal, la façon dont ça se passe avec mon fiston. “c’est l’âge…” on m’a sorti ça pour ses 2 ans. Ses 3 ans. Ses 4 ans. Et bientôt ses 5 ans ? Alors peut-être que c’est normal, que c’est juste moi qui n’étais finalement pas faite pour ça…? J’ai remué ciel et terre, j’ai vraiment fait tout ce que je pouvais pour trouver des solutions à ce quotidien qui était juste invivable pour moi. Certes, je reconnais qu’il a évolué (il ne m’a pas frappé, ni craché dessus, ni mordu depuis plusieurs mois...), on arrive même à passer de bons moments ensemble la plupart des mercredis. Entre deux crises. Bon, je ne parlerais pas du reste du temps. De toutes ces sorties gâchées, ces vacances épuisantes qui nécessitent une semaine de plus pour s’en remettre, ces week ends où il ne me tardait qu’une chose : retourner au travail. J’essaye, vraiment, de focaliser sur les bons moments… mais chaque fois qu’on se remémore un événement, on se souvient aussi (surtout) qu’il a été gâché. Même lorsque ça s’améliore comme la semaine passée (ô miracle… #çavapasdurer) je ne sais pas si c’est vraiment de la rancoeur, mais je ne peux pas oublier tout le reste. Je ne sais pas à qui j’en veux le plus, à lui (le pauvre) où aux gens qui n’ont pas voulu nous aider. Arielle Adda disait qu’il fallait passer cette étape le plus vite possible : c’est raté, c’est gravé en moi, au fer rouge. Peut-être que c’est juste normal, tout ça, que c’est simplement que je n’avais pas les épaules pour ça ? Ce qui est sûr c’est que malgré tout l’amour que je lui porte, faire cet enfant, c’était de toute évidence la plus grande erreur de ma vie. Tout, absolument tout se passe mal pour moi depuis qu’il est là - et pourtant, ce n’est pas vraiment sa faute.


Enfin, quand je dis la plus grande erreur… plutôt la deuxième, après celle de n’avoir pas eu le courage de t’emboiter le pas il y a 16 ans.